Le retour de Saïd Sadi et la revanche des Janviéristes (*)

17 août 2026
19 min de lecture|3 607 mots

En Algérie, le retour de Saïd Sadi et l’ombre persistante de janvier 1992

Le retour en Algérie du fondateur du Rassemblement pour la culture et la démocratie, après sept années passées en France, dépasse la trajectoire personnelle d’un ancien dirigeant politique. Il intervient dans un contexte de fermeture de l’espace public et de recomposition des appareils du pouvoir. Il remet surtout au premier plan l’une des figures civiles du cercle qui défendit et légitima l’interruption du processus électoral de janvier 1992, rupture qui ouvrit la voie à la guerre civile.

Depuis la chute d’Abdelaziz Bouteflika, une chape de plomb s’est progressivement abattue sur la liberté d’expression en Algérie.

Des journalistes ont été emprisonnés ou contraints à l’exil. Des médias indépendants ont disparu. Des militants ont été poursuivis pour des publications sur les réseaux sociaux. Des citoyens ont été empêchés de quitter le territoire ou arrêtés à leur retour au pays. Les accusations d’« atteinte à l’unité nationale », d’« apologie du terrorisme » ou d’« atteinte à la sûreté de l’Etat » sont devenues des instruments ordinaires de contrôle de la parole publique.

Amnesty International estime que les autorités algériennes ont continué, en 2025, de restreindre les libertés d’expression, de réunion et d’association. Reporters sans frontières décrit également un paysage médiatique profondément dégradé, marqué par les pressions judiciaires, économiques et administratives exercées sur les professionnels de l’information.

Cette fermeture ne constitue pas seulement une dérive autoritaire parmi d’autres. Elle accompagne le retour au premier plan de l’institution militaire après le départ d’Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission le 2 avril 2019 sous la pression du Hirak et de l’état-major.

L’équilibre défait de l’ère Bouteflika

Abdelaziz Bouteflika n’avait pas soumis l’armée à un véritable pouvoir civil. Il était lui-même arrivé à la présidence en 1999 avec l’appui des principaux décideurs militaires.

Il avait néanmoins réussi à imposer un équilibre que peu de présidents algériens avaient pu maintenir avant lui.

Grâce à son expérience du système, à sa légitimité historique et à sa connaissance des hommes qui le composaient, Bouteflika avait progressivement renforcé la présidence face aux autres centres de pouvoir. Il s’était appuyé sur une partie de l’état-major, notamment sur Ahmed Gaïd Salah, pour réduire l’influence du Département du renseignement et de la sécurité.

Cette stratégie avait culminé en septembre 2015 avec la mise à la retraite du général Mohamed Mediène, dit « Toufik », après vingt-cinq années à la tête du renseignement. Le DRS avait ensuite été dissous et remplacé par de nouvelles structures théoriquement placées sous l’autorité présidentielle. Cette réorganisation avait modifié le rapport de force au profit du cercle de Bouteflika et de Gaïd Salah, sans pour autant démocratiser les appareils de sécurité.

Bouteflika avait donc moins maîtrisé l’armée qu’il n’avait appris à gouverner ses divisions.

Il avait contenu certains généraux en s’alliant avec d’autres. Il avait affaibli un service de renseignement en renforçant l’état-major. Il avait déplacé le centre de gravité du régime sans remettre en cause sa nature profonde.

Ce système dépendait cependant de sa personne. Il ne reposait ni sur des institutions indépendantes ni sur une subordination durable de l’armée au pouvoir civil.

Son accident vasculaire cérébral de 2013, son effacement progressif de la vie publique et la montée en puissance de son entourage familial avaient fragilisé cet édifice. La tentative de lui imposer un cinquième mandat, en 2019, avait fini par provoquer son effondrement.

Après son départ, les militaires n’ont pas eu à conquérir un pouvoir qui leur aurait échappé. Ils ont repris directement en main un système dont ils n’avaient jamais cessé d’être l’un des principaux piliers.

Le Hirak et le rétablissement de la ligne rouge

Le mouvement populaire né le 22 février 2019 avait pourtant posé avec une clarté rarement atteinte la question centrale de l’histoire politique algérienne : celle de la place de l’armée dans l’Etat.

« Etat civil, non militaire », scandaient les manifestants.

Cette revendication ne visait pas l’existence de l’armée en tant qu’institution nationale. Elle contestait son rôle d’arbitre suprême, sa capacité à choisir les présidents, à fixer les limites du débat politique et à intervenir dans les affaires civiles sans être soumise à aucun contrôle démocratique.

Après la démission de Bouteflika, Ahmed Gaïd Salah s’était imposé comme le véritable maître de la transition. L’état-major avait déterminé le calendrier électoral, refusé les demandes de transition politique et imposé l’élection présidentielle du 12 décembre 2019.

La mort de Gaïd Salah, onze jours après l’élection d’Abdelmadjid Tebboune, n’avait pas remis en cause la centralité de l’institution militaire. Sous la direction de Saïd Chengriha, celle-ci a continué de constituer le principal soutien du chef de l’Etat et de peser sur les orientations stratégiques du pays. Des mesures adoptées ces dernières années ont également permis à des officiers d’occuper certains postes civils considérés comme stratégiques.

La répression du Hirak a progressivement rétabli la ligne rouge que le mouvement avait franchie : le rôle politique de l’armée ne devait plus être publiquement contesté.

Les réseaux sociaux, miroir des dissensions du pouvoir réel

Dans ce contexte de fermeture, les réseaux sociaux sont devenus depuis longtemps la principale caisse de résonance des dissensions entre les différentes composantes du pouvoir réel.

Des récits, des témoignages anonymes, des documents présentés comme confidentiels et des analyses parfois contradictoires circulent régulièrement sur Facebook, YouTube, X et les plateformes animées depuis l’étranger.

Ils décrivent les rivalités entre la présidence, l’état-major, les services de renseignement, les anciens responsables militaires et les réseaux économiques liés aux différents centres du régime.

Certaines informations diffusées en ligne ont parfois précédé des révocations, des arrestations ou des réorganisations ensuite officiellement confirmées. D’autres relèvent de la manipulation, de l’intoxication ou du règlement de comptes entre appareils concurrents.

Les réseaux sociaux ne constituent donc pas seulement un espace d’opposition au régime. Ils sont aussi l’un des terrains sur lesquels ses différentes composantes diffusent leurs versions des événements, testent des accusations et cherchent à affaiblir leurs adversaires.

L’opacité du système rend presque impossible la distinction immédiate entre la révélation, la rumeur et l’opération d’influence.

Lorsque les décisions ne sont pas expliquées, lorsque la presse ne peut pas enquêter et lorsque les responsables ne rendent aucun compte, chaque nomination devient un signal, chaque retour une énigme et chaque disgrâce l’indice supposé d’une bataille plus vaste.

C’est dans ce paysage que doit être interprété le retour de Saïd Sadi.

Un retour qui ne peut être réduit à un choix personnel

Le fondateur du Rassemblement pour la culture et la démocratie est rentré en Algérie le 31 juillet 2026, après sept années passées en France.

Il a été accueilli à l’aéroport par des sympathisants avant de rejoindre la Kabylie. Saïd Sadi n’exerce plus de fonction officielle au sein du RCD, dont il avait quitté la présidence en 2012 avant de se retirer du parti. Son séjour en France a notamment été consacré à la rédaction et à la publication de ses Mémoires.

Dans un autre pays, ce retour pourrait être considéré comme l’aboutissement naturel d’un parcours personnel.

En Algérie, il possède inévitablement une dimension politique.

De nombreuses voix dissidentes installées à l’étranger craignent d’être arrêtées, interrogées ou interdites de sortie du territoire si elles rentrent au pays. Plusieurs journalistes, artistes et militants ont fait l’expérience de cet enfermement administratif ou judiciaire.

Le retour public de Saïd Sadi, sans arrestation et au milieu de ses sympathisants, signifie donc qu’il a été au minimum rendu possible ou toléré par une partie des appareils de pouvoir.

La question n’est pas seulement de savoir pourquoi il a décidé de rentrer.

Elle est de comprendre pourquoi il peut rentrer maintenant, alors que tant d’autres Algériens ne disposent pas de la même sécurité.

Saïd Sadi, une figure centrale du putsch de janvier 1992

Le retour de Saïd Sadi prend une signification particulière en raison de son rôle dans la séquence de janvier 1992.

Au premier tour des élections législatives du 26 décembre 1991, le Front islamique du salut avait obtenu 188 sièges et se trouvait en position de remporter une majorité écrasante au second tour. Le président Chadli Bendjedid fut contraint à la démission le 11 janvier 1992. Le second tour fut annulé et le Haut Comité d’Etat fut installé à la tête du pays.

Il serait réducteur de présenter Saïd Sadi comme un simple soutien extérieur à cette opération.

Il n’appartenait certes pas à la hiérarchie militaire qui prit formellement la décision. Il ne commandait ni les unités déployées dans les rues, ni le ministère de la défense, ni les services de renseignement.

Mais la rupture de janvier 1992 ne fut pas seulement une décision technique prise dans une caserne.

Elle fut préparée, défendue et légitimée par un cercle restreint réunissant des responsables militaires, des hauts fonctionnaires, des acteurs économiques, des syndicalistes et certaines figures politiques présentées comme les représentants du camp républicain.

Saïd Sadi appartenait à ce dispositif politico-civil.

Face à la victoire du FIS, il ne s’était pas contenté d’exprimer son inquiétude. Il avait défendu la nécessité d’empêcher le processus électoral d’aller à son terme, au nom de la protection de la République contre l’instauration possible d’un régime théocratique.

Son rôle fut celui d’un protagoniste de la rupture.

Par son engagement, ses relations avec les principaux acteurs du courant dit « éradicateur » et sa participation à la construction d’un front civil hostile à la poursuite du scrutin, il contribua à donner une légitimité politique à l’intervention militaire.

Cette fonction était essentielle.

Les généraux avaient la force, les blindés et le contrôle des institutions. Ils avaient également besoin de voix civiles capables de présenter leur décision non comme un coup d’Etat, mais comme une opération de sauvegarde démocratique.

Saïd Sadi fut l’une de ces voix.

Ceux qui ont choisi la guerre

Said Sadi appartient au cercle de ceux qui ont décidé la guerre civile

Ils savaient que l’annulation d’une élection remportée par un mouvement disposant de millions d’électeurs ne resterait pas sans conséquences. Ils savaient que l’interdiction du FIS, les arrestations massives de ses cadres et l’internement de milliers de militants risquaient de pousser une partie du mouvement vers la clandestinité et la violence.

Ils ont choisi cette voie en estimant que l’armée pouvait contenir l’affrontement et que la violence serait préférable à l’arrivée du FIS au pouvoir.

Leur choix ne suffit pas à exonérer les groupes armés islamistes de leurs crimes. Ceux-ci ont commis des attentats, des assassinats et des massacres de civils dont ils portent la responsabilité.

Mais cette responsabilité ne peut effacer celle de ceux qui ont décidé d’interrompre le processus politique, d’écarter le verdict des urnes et de traiter une crise électorale par la coercition militaire.

L’arrêt du processus électoral fut suivi par l’état d’urgence, la dissolution du FIS, une répression massive et l’entrée du pays dans une guerre qui fit entre 150 000 et 200 000 morts, ainsi que des milliers de disparus.

Saïd Sadi ne fut donc ni un observateur ni un commentateur secondaire.

Il fut l’un des acteurs civils centraux du dispositif qui accompagna la décision de janvier 1992 et contribua à sa légitimation.

Le républicanisme sous protection militaire

Cette position reposait sur une certaine conception de la République.

Médecin, militant de la cause amazighe et défenseur de la laïcité, Saïd Sadi avait construit son engagement autour de la lutte contre l’autoritarisme du parti unique et contre l’islamisme politique.

Mais son républicanisme avait une limite majeure : il acceptait l’intervention de l’armée lorsque celle-ci était présentée comme le dernier rempart contre le FIS.

Le raisonnement était simple : une victoire électorale islamiste risquait de mettre fin à la démocratie ; il fallait donc suspendre la démocratie pour la sauver.

Ce paradoxe allait durablement structurer le discours du camp « éradicateur ».

Il permettait de dénoncer à juste titre le projet autoritaire des islamistes tout en minimisant le caractère autoritaire de l’intervention militaire. Il présentait les généraux comme les protecteurs temporaires de la République, alors qu’ils redevenaient les arbitres directs de la vie politique.

Cette position distinguait notamment le RCD du Front des forces socialistes de Hocine Aït Ahmed.

Le FFS refusait de choisir entre l’Etat policier et la République intégriste. Il dénonçait à la fois le projet du FIS et le coup de force militaire. Saïd Sadi considérait, au contraire, que la priorité absolue était d’empêcher l’arrivée des islamistes au pouvoir, même au prix de l’interruption du processus électoral.

Le débat n’était donc pas seulement celui de la laïcité contre l’islamisme.

Il opposait également deux conceptions de la démocratie : celle qui accepte le risque électoral et combat politiquement ses adversaires, et celle qui reconnaît à l’armée le droit de décider quand le vote populaire devient trop dangereux.

Un parcours fait d’opposition et de proximité avec le système

Le parcours ultérieur de Saïd Sadi confirme l’ambiguïté de sa relation au pouvoir.

Il a été surveillé, censuré et combattu par les autorités. Son parti a dénoncé la fraude électorale, l’autoritarisme et le poids des appareils sécuritaires.

Mais le RCD a aussi participé au gouvernement d’Abdelaziz Bouteflika à partir de décembre 1999, avant de le quitter en mai 2001, au moment du Printemps noir en Kabylie.

Saïd Sadi n’a donc jamais été un simple produit du pouvoir. Il ne peut pas davantage être présenté comme un opposant entièrement extérieur à ses mécanismes.

Il appartient à cette catégorie particulière de responsables algériens qui ont combattu certaines composantes du régime tout en collaborant avec d’autres, au nom d’un intérêt supérieur qu’ils définissaient eux-mêmes : la stabilité de l’Etat, la défense de la République ou la lutte contre l’islamisme.

Cette trajectoire explique pourquoi son retour peut intéresser les différentes composantes du pouvoir actuel.

Le retour d’un homme ou celui d’un clan ?

Aucun élément public ne permet d’affirmer que Saïd Sadi est revenu avec une mission officielle ou qu’il représenterait directement un groupe militaire déterminé.

Son retour constitue néanmoins un signal politique.

Il peut d’abord répondre à une volonté d’afficher une ouverture contrôlée. En autorisant le retour d’une figure historique de l’opposition, le régime peut chercher à atténuer les critiques sur la fermeture de l’espace public sans libérer les détenus d’opinion ni permettre le retour de tous les exilés.

Il peut également annoncer la reconstruction d’une opposition acceptable pour les appareils de sécurité : laïque, hostile à l’islamisme, opposée au séparatisme et suffisamment familière des anciennes règles du système pour ne pas remettre immédiatement en cause son architecture.

Dans cette perspective, Saïd Sadi présente plusieurs avantages.

Il dispose d’une histoire, d’un nom, de réseaux internationaux et d’une certaine audience en Kabylie. Il est connu des chancelleries occidentales. Il peut incarner un pluralisme politique sans nécessairement représenter une menace comparable à celle d’un mouvement populaire autonome.

Mais une troisième hypothèse doit être examinée.

Son retour peut signaler la remontée en puissance des réseaux issus du camp de janvier 1992 : anciens responsables du renseignement, figures civiles du courant éradicateur et partisans d’une République autoritaire placée sous la protection de l’armée.

Il ne s’agirait pas nécessairement d’un clan centralisé obéissant à un commandement unique.

Le pouvoir algérien fonctionne comme un ensemble mouvant de réseaux, de fidélités et d’intérêts. Les alliances se forment, se défont et se recomposent autour des principaux responsables militaires, de la présidence et des services de renseignement.

Mais la réapparition de Saïd Sadi peut signifier que les hommes, les références et les réflexes politiques de janvier 1992 retrouvent une utilité dans la configuration actuelle.

Refermer la parenthèse du Hirak

Cette hypothèse prend tout son sens au regard de l’héritage du Hirak.

La génération de janvier 1992 avait accepté la primauté de l’armée au nom de la lutte contre l’islamisme.

La génération de février 2019 a contesté précisément cette primauté.

L’une considérait que les militaires pouvaient suspendre le processus démocratique pour sauver l’Etat. L’autre affirmait que l’Etat ne pourrait devenir démocratique qu’en mettant fin à la tutelle militaire.

Le retour politique des figures du premier camp pourrait donc servir à refermer la parenthèse ouverte par le Hirak.

Après avoir réprimé le mouvement, réduit la presse indépendante et empêché l’émergence de nouvelles forces politiques, le régime doit reconstruire une scène publique contrôlable.

Les anciennes personnalités présentent l’avantage d’être identifiables, prévisibles et déjà éprouvées par des décennies de rapports avec les appareils de l’Etat.

Elles peuvent être autorisées à critiquer certains dirigeants, certains clans ou certaines politiques, tout en maintenant hors du débat la question fondamentale du pouvoir militaire.

Les prochains signes à observer

Le retour de Saïd Sadi ne suffit pas, à lui seul, à démontrer l’ascension d’un clan.

Sa portée dépendra de ce qui suivra.

Il faudra observer son accès aux médias, ses rencontres, ses déplacements et la place qui lui sera accordée dans le débat public.

Il faudra également examiner l’attitude des autorités envers le RCD. Une amélioration soudaine de son accès aux salles, aux médias ou aux institutions pourrait indiquer la volonté d’en faire un acteur privilégié d’une nouvelle configuration.

Le contenu du discours de Saïd Sadi sera tout aussi révélateur.

S’il concentre ses interventions sur l’islamisme, le MAK ou les dangers pesant sur l’unité nationale, tout en évitant la question du pouvoir militaire et celle des détenus d’opinion, son retour pourra être interprété comme une contribution à une recomposition contrôlée.

S’il réclame l’ouverture de l’espace public, l’indépendance de la justice, la libération des prisonniers politiques et la soumission de l’armée aux institutions civiles, cette lecture devra être révisée.

Mais son histoire ne peut pas être effacée.

Saïd Sadi fut l’un des acteurs civils du cercle qui défendit la rupture de janvier 1992. Il contribua à présenter l’arrêt des élections comme une opération de sauvetage républicain. Cette rupture ouvrit la voie à une guerre dont l’Algérie n’a toujours pas établi toutes les responsabilités.

Trente-quatre ans plus tard, son retour intervient au moment où l’armée a retrouvé une place centrale, où la parole publique est à nouveau étouffée et où les luttes entre les différentes composantes du pouvoir réel semblent s’intensifier.

Cette concomitance ne constitue pas une preuve.

Dans un système fondé sur le secret, elle constitue toutefois un événement politique qu’il serait imprudent de réduire à un simple retour au pays.

Khaled Boulaziz

(*) Les Janviéristes, appelés parfois les « Décideurs », sont les généraux de l’armée algérienne (ANP) qui ont décidé, le 11 janvier 1992, d’interrompre le second tour prévu pour le 16 janvier des élections législatives de 1991. Ce second tour aurait permis une victoire écrasante du parti islamiste, le Front islamique du salut (FIS). Ce dernier a remporté 188 sièges au premier tour des élections, le 26 décembre 1991. Une décision majeure qui sera suivie par une longue décennie noire marquée par des violences armées islamistes, frustrés de leur victoire, s’étant lancés dans des actions armées avec la constitution de maquis.

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