L’Algérie n’entre jamais innocemment dans une bibliothèque française. Elle y arrive chargée de morts, d’archives, de silences, de nostalgies honteuses, de repentirs calculés et de vieilles certitudes coloniales qui refusent de mourir. Chaque nouveau livre qui prétend la raconter doit donc répondre à une question préalable : parle-t-il enfin de l’Algérie comme d’une nation souveraine, ou continue-t-il de la traiter comme une énigme française, une blessure française, une affaire française ? L’Algérie 1830-2026 appartient à cette seconde famille. Sous l’apparence d’un ouvrage de synthèse, construit en vingt-sept questions, il propose…
À la veille des élections parlementaires en Algérie, le pays donne l’image d’une scène verrouillée avant même que le rideau ne se lève. Les acteurs sont connus, les répliques déjà écrites, les figurants triés. On appellera cela un scrutin. On parlera de souveraineté populaire, de rendez-vous démocratique. Mais derrière le décor officiel, une autre réalité s’impose : l’Algérie ne se prépare pas à une compétition politique — elle s’apprête à rejouer une pièce de théâtre dans une salle contrôlée par le pouvoir.
La Tunisie fut l’étincelle. L’Algérie fut l’écho tardif mais puissant. Entre Sidi Bouzid et Alger, entre le cri d’un vendeur humilié et les marches pacifiques du Hirak, le Maghreb a connu deux moments où les peuples ont cessé d’être spectateurs de leur propre dépossession. Dans les deux cas, la rue a parlé avec une clarté que les palais ne voulaient plus entendre. Elle ne demandait ni miracle ni vengeance. Elle réclamait la dignité, la justice, la fin du mépris, la restitution de l’État à la nation. Mais les révolutions, dans…