Hamas doit être défait : Propos lâches des régimes arabes

Dans son dernier ouvrage (1), Bob Woodward, le journaliste qui a enquêté sur l’affaire WaterGate, dévoile un portrait accablant des dirigeants arabes, revêtus de titres et de splendeur, mais ternis par la trahison et la lâcheté. Ces dirigeants, censés être les gardiens de leur peuple et de leur culture, apparaissent comme des traîtres calculés, conspirant dans des chambres opulentes tandis que Gaza saigne. Plutôt que de s’aligner sur leurs frères, ils ont appelé les États-Unis de détruire le Hamas, le qualifiant de prolongement des Frères musulmans. Ce faisant, ils révèlent leur peur, non pas du sort des Palestiniens, mais des menaces pesant sur leurs propres trônes dorés.

Le 13 octobre, alors que les enfants de Gaza faisaient face à la terreur des bombardements, le roi de Jordanie Abdallah, confortablement installé à Amman, s’est entretenu en privé avec Antony Blinken, le secrétaire d’État américain le plus sioniste : « Nous avons dit à Israël de ne pas faire confiance au Hamas… et nous soutenons sa défaite. » En un souffle, il a trahi Gaza, choisissant la soumission silencieuse plutôt que la solidarité, un choix né non pas de principes, mais de la stabilité de son royaume. Sa voix est restée discrète en public, mais en privé, il s’est incliné, acquiesçant à la campagne dévastatrice d’Israël.

Le jour suivant, le 14 octobre, Mohammed ben Zayed des Émirats arabes unis a rencontré le même Blinken, ses mots dégoulinant de duplicité sous un masque de diplomatie. « Le Hamas doit être éliminé », dit-il. Pourtant, sa préoccupation ne portait pas sur les vies palestiniennes, mais sur le calme de ses propres citoyens, apaisant l’indignation par des gestes humanitaires superficiels. Il a offert de l’aide et des « zones de sécurité » comme une façade, un outil pour apaiser les masses, non une véritable démarche de paix. La faim et l’angoisse des Gazaouis sont devenues des pions dans un jeu froid et calculé, échangeant des concessions à court terme pour une conformité à long terme.

La Palestine de la mer au fleuve

En Arabie saoudite, la trahison devient encore plus sinistre. Le prince héritier Mohammed ben Salmane, au lieu de se tenir aux côtés des opprimés, a énoncé clairement ses exigences : « Je veux que les problèmes causés par le 7 octobre disparaissent. Un État palestinien sans armée, doit être établi avant la normalisation avec Israël. » Ses paroles résonnent d’hypocrisie, car sa seule voie vers la paix passe par la normalisation avec les mêmes forces qui assiègent Gaza. Pour lui, les cris des mères palestiniennes ne sont qu’un bruit lointain, une complication sur la route vers Vision 2030 — une vision dont Gaza et son peuple sont brutalement effacés.

Peut-être le plus accablant est le comportement d’Abdel Fattah El-Sissi, président de l’Égypte, qui a dissimulé ses véritables intentions derrière des portes closes. En privé, il a exposé des stratégies pour la soumission de Gaza, son chef des renseignements détaillant les réseaux souterrains pour garantir l’« éradication » du Hamas. L’Égypte, depuis longtemps le gardien de Gaza, est restée complice de l’étouffement de la voie de survie de son peuple, préférant des apaisements stratégiques à la solidarité avec une population piégée dans une prison à ciel ouvert.

Dans la description de Woodward, ces dirigeants arabes n’émergent pas comme des hommes d’État de leur peuple, mais comme des vassaux liés par la peur, offrant leur obéissance pour éviter de mettre en péril leurs régimes. Tandis qu’ils arpentent les corridors du pouvoir, il n’y a aucune empathie pour Gaza, seulement une trahison glaciale et calculée, sacrifiant des vies palestiniennes pour renforcer leurs propres royaumes fragiles. Leur soif de survie, si implacable, ne s’aligne pas avec le sort des opprimés mais avec celui des oppresseurs, échangeant la vérité contre la sécurité, le courage contre la lâcheté, et le sang de leurs frères contre une paix précaire et égoïste.

Les Arabes sont un peuple légendaire, leur histoire gravée dans le temps avec des triomphes et de la résilience. Mais leur renommée, elle aussi, porte une ombre — celle où la trahison tisse le tissu de leur héritage. Dans l’épopée vaste de leur existence, leur esprit a survécu aux oppresseurs, aux conquérants et aux sables du temps. Pourtant, ces mêmes mains qui ont bâti des civilisations conspirent désormais dans le silence, trahissant les liens les plus sacrés de parenté et de cause.

Que nul ne doute que les damnés de la terre — ceux qui sont abandonnés, assiégés et trahis — se lèveront, leur vengeance brûlant les trônes creux de ceux qui les ont trahis. Le cours de l’histoire n’épargnera pas la lâcheté et la complicité de ces dirigeants ; il gravera leurs noms dans la honte, non dans l’honneur. La rétribution des opprimés, leurs cris sans réponse, mais indélébiles, inscrira une vengeance si féroce que même le temps s’en souviendra. Ce récit ne s’effacera pas ; il retentira à travers les âges, un avertissement au monde que ceux qui trahissent les innocents seront eux-mêmes trahis par l’histoire.

Khaled Boulaziz

  1. https://www.simonandschuster.com/books/War/Bob-Woodward/9781668052273