Encore une fois, les États-Unis se sont vautrés dans la fange. Leur veto au Conseil de sécurité n’est pas un accident de parcours, mais un rituel obscène, une génuflexion répétée devant leur maître colonial : Israël. Ce geste, qui condamne des milliers de Palestiniens supplémentaires à la famine et aux bombes, révèle au monde entier ce que la rhétorique américaine tente encore de dissimuler : Washington n’est plus qu’une prostituée docile, offerte au bon plaisir du projet sioniste.
Les faits sont brutaux. L’ONU s’apprêtait à voter un texte minimal, réclamant un cessez-le-feu humanitaire et l’accès de l’aide à Gaza. Mais le bras de l’empire s’est levé, le veto est tombé. Comme un coup de fouet claqué sur le dos de l’assemblée, il a réduit au silence les consciences, muselé la majorité, piétiné les cadavres encore tièdes d’un peuple sacrifié. Dans les ruines de Gaza, ce veto n’est pas un concept diplomatique : c’est un missile supplémentaire, un pain de blé confisqué, un couloir d’évacuation barré.
Depuis des décennies, la Maison Blanche se fait l’avocate zélée d’Israël, mais ce n’est plus de la diplomatie, c’est de la soumission tarifée. Chaque administration américaine, qu’elle soit démocrate ou républicaine, a vendu son âme pour quelques dollars de lobby, quelques caisses de votes communautaires, quelques contrats d’armement. Le Congrès n’est plus qu’un théâtre de marionnettes où l’AIPAC tire les ficelles. Et le président, quel qu’il soit, enfile le costume de proxénète qui maquille l’alliance stratégique en nécessité morale, alors qu’il ne s’agit que d’un marché sordide : le sang palestinien contre des voix électorales et des profits militaires.
Ce veto incarne une logique coloniale à nu : les Palestiniens n’ont pas droit à la vie, car leur vie est un obstacle à l’expansion de l’État hébreu. Les bombes qui tombent sur Gaza sont américaines, les chars qui écrasent les camps de réfugiés sont financés par Washington, les drones qui traquent les enfants dans les ruelles de Rafah portent le sceau du Pentagone. Le veto ne fait qu’entériner juridiquement cette complicité : l’Amérique paie en silence le prix de sa servitude.
Mais ce qui choque, ce n’est pas seulement la répétition mécanique du veto. C’est l’indécence d’un empire qui se prétend gardien du droit international et défenseur des droits humains, alors même qu’il distribue aux bourreaux des permis de massacrer. En votant contre le cessez-le-feu, les États-Unis crachent au visage de l’humanité, insultent la mémoire des génocides passés et transforment l’ONU en cirque où la vérité n’est qu’un numéro humilié.
Ce veto est une gifle pour les peuples, mais aussi pour les alliés européens, contraints de se taire ou de balbutier des condamnations timides. L’Occident, à travers ce geste, révèle son essence : une civilisation qui a remplacé la morale par la soumission, l’universalisme par la complicité, et qui, en soutenant l’occupation, s’enchaîne elle-même à la honte. L’Europe se prostitue par suivisme, l’Amérique par conviction.
Qu’on ne s’y trompe pas : en agissant ainsi, Washington ne protège pas Israël. Elle l’enferme dans une cage de fer, un destin de paria que le monde entier finira par lui assigner. Mais en attendant, le prix est payé en vies palestiniennes : enfants affamés, mères mutilées, vieillards ensevelis. La prostituée américaine ne négocie pas des traités, elle encaisse des dollars sur le dos d’un peuple crucifié.
L’histoire retiendra ce veto comme l’un des plus ignobles. Elle dira qu’en septembre 2025, alors que Gaza sombrait dans la famine et la peste, l’Amérique a choisi de se prostituer encore une fois, offrant son corps diplomatique à Israël pour quelques caresses politiques. Elle dira que ce pays, qui prétendait incarner la liberté, n’était plus qu’une catin de luxe au service d’un maître colonial, prête à vendre son honneur contre un simulacre de puissance.
Mais l’histoire retiendra aussi que malgré les bombes et les famines, Gaza ne s’est pas rendue. Que les Palestiniens, privés de tout, ont continué à défier la mort par leur seule existence. Et que chaque veto américain, loin de tuer leur cause, la sanctifie un peu plus aux yeux du monde.
Car la vérité est implacable : l’Amérique peut prostituer son droit de veto autant qu’elle le veut, elle ne pourra jamais effacer l’évidence — un peuple, dépouillé de tout sauf de sa dignité, ne disparaît pas.
Khaled Boulaziz

