Le drame de l’université algérienne n’est pas son absence. C’est son inutilisation historique. Le pays a construit des établissements, multiplié les filières, massifié les inscriptions, produit des diplômes et formé des générations entières d’étudiants. Mais il n’a jamais accepté que l’université devienne une puissance autonome de pensée, de critique et de transformation sociale.
Cette contradiction résume à elle seule l’échec d’un système : une université immense, mais politiquement muette ; présente sur tout le territoire, mais presque absente de la vie profonde du pays ; capable de produire des milliers de thèses, mais rarement autorisée à produire les concepts qui permettraient à l’Algérie de se penser elle-même.
Depuis des décennies, la caste militaro-bureaucratique qui tient l’État a compris une chose essentielle : contrôler l’université, ce n’est pas seulement contrôler des bâtiments, des nominations, des budgets ou des carrières. C’est contrôler les conditions mêmes dans lesquelles une société peut se comprendre elle-même.
L’université algérienne n’est donc pas seulement sous-financée, bureaucratisée ou mal gouvernée. Elle est sous scellés. Elle est enfermée dans un dispositif qui tolère la compétence technique, mais redoute la conscience critique ; qui accepte les diplômes, mais craint la pensée ; qui produit des docteurs, mais se méfie des chercheurs ; qui proclame l’attachement au savoir, mais organise méthodiquement l’impuissance intellectuelle.
Le paradoxe est d’autant plus violent que l’Algérie ne manque pas d’universités. Elle en possède partout : universités, centres universitaires, écoles nationales supérieures, écoles normales supérieures, annexes spécialisées, laboratoires, facultés, départements. La page consacrée à l’université en Algérie évoque plus de 1,6 million d’étudiants en 2023-2024, près de 70 000 enseignants, ainsi qu’un vaste réseau d’établissements comprenant notamment 50 universités, 13 centres universitaires, 20 écoles nationales supérieures, 10 écoles supérieures et 11 écoles normales supérieures. CurieXplore, portail lié au ministère français de l’Enseignement supérieur, parle pour sa part de 115 établissements d’enseignement supérieur, dont 54 universités, 9 centres universitaires, 39 écoles nationales supérieures et 13 écoles normales supérieures.
Sur le papier, donc, l’Algérie dispose d’un appareil universitaire considérable. Mais dans la vie réelle du pays, que pèse cet appareil ? Où est son influence dans la décision politique ? Où est son poids dans la transformation économique ? Où est sa puissance dans les débats sociaux ? Où sont ses grandes écoles critiques, ses revues décisives, ses controverses fondatrices, ses penseurs publics, ses théories exportables, ses écrivains nés de l’université, ses concepts capables d’éclairer le destin national ?
C’est là que se trouve le scandale. L’Algérie a multiplié les établissements universitaires sans libérer l’université comme force historique. Elle a construit des campus, ouvert des filières, recruté des enseignants, inscrit des masses d’étudiants, délivré des diplômes, créé des plateformes, célébré des classements, multiplié les chiffres. Mais elle n’a pas permis à cette accumulation quantitative de devenir une puissance intellectuelle.
Une université ne se mesure pas seulement au nombre de ses bâtiments. Elle se mesure à sa capacité de produire des idées qui déplacent les lignes, des concepts qui circulent, des chercheurs qui comptent, des livres qui transforment la conscience nationale, des débats qui obligent le pouvoir à répondre. Or l’université algérienne, malgré son immensité apparente, reste enfermée dans une faiblesse paradoxale : elle est partout dans le territoire, mais presque nulle part dans l’Histoire.
Ce n’est pas une fatalité académique. C’est un choix politique.
La caste militaro-bureaucratique a compris qu’il valait mieux avoir beaucoup d’universités silencieuses qu’une seule université libre. Elle a compris qu’un appareil universitaire massif pouvait servir à absorber la jeunesse, à produire des statistiques, à distribuer des titres, à gérer l’attente sociale, sans jamais devenir un foyer réel de pensée autonome. Elle a préféré l’extension géographique à l’intensité intellectuelle. Elle a préféré la massification sans liberté à la critique exigeante. Elle a préféré l’université comme administration à l’université comme puissance de vérité.
Une université peut survivre au manque de moyens. Elle peut survivre à des bibliothèques pauvres, à des laboratoires insuffisants, à des amphithéâtres saturés, à des salaires indignes. Mais elle ne survit pas à l’interdiction de penser. Or c’est bien là que se situe le cœur du problème algérien : l’université n’a pas seulement été négligée. Elle a été neutralisée.
Les sciences humaines et sociales en sont les premières victimes. Histoire, sociologie, philosophie, anthropologie, science politique, droit, littérature, psychanalyse, études culturelles : toutes les disciplines qui donnent à une société les moyens de comprendre ses tensions, ses contradictions, ses héritages et ses blessures sont placées sous suspicion. Elles ne sont tolérées que lorsqu’elles récitent. Elles deviennent dangereuses dès qu’elles expliquent.
L’histoire est acceptée quand elle commémore ; elle devient suspecte quand elle enquête. La sociologie est acceptée quand elle décrit ; elle devient dangereuse quand elle révèle les rapports de domination. La philosophie est acceptée quand elle répète les grands auteurs ; elle devient insupportable quand elle apprend à désobéir aux évidences. La science politique est acceptée quand elle récite les institutions ; elle devient subversive quand elle pose la seule question qui compte : où est le pouvoir réel ?
Voilà pourquoi la caste militariste a toujours eu besoin de mettre l’université sous surveillance. Non parce que l’université algérienne serait trop puissante, mais parce qu’elle pourrait le devenir si elle retrouvait sa fonction première : produire une intelligence autonome de la société.
Car une université libre poserait les questions interdites. Elle demanderait comment une guerre de libération, portée par un peuple, a pu être transformée en rente de légitimité par des appareils. Elle demanderait comment l’armée, issue d’un combat anticolonial, est devenue le centre réel de gravité de l’État postcolonial. Elle demanderait pourquoi la souveraineté populaire est célébrée dans les discours et neutralisée dans les faits. Elle demanderait pourquoi l’histoire nationale a été transformée en récit officiel, pourquoi les archives restent difficiles d’accès, pourquoi la mémoire est administrée, pourquoi certaines blessures doivent rester sans langage.
Elle demanderait aussi ce que fut réellement la violence politique des années 1990, ce que le Hirak a révélé du pays profond, ce que la jeunesse exprime par son désir massif d’exil, ce que les langues disent des fractures de la nation, ce que la religion révèle des angoisses sociales, ce que l’économie cache derrière ses chiffres, ce que le droit recouvre lorsqu’il cesse d’être justice pour devenir instrument de discipline.
Ce sont ces questions-là que le système redoute. Non parce qu’elles seraient étrangères à la nation, mais parce qu’elles sont trop profondément nationales. Elles touchent le nerf du pouvoir. Elles montrent que l’Algérie n’est pas menacée par ceux qui la pensent, mais par ceux qui empêchent qu’on la pense.
Le climat général confirme cette fermeture. Freedom House indique, dans son rapport 2025 sur l’Algérie, que le travail académique est affecté par la censure étatique touchant les livres publiés localement ou importés, et rappelle que des organisations étudiantes actives dans le Hirak ont parfois été réprimées. Human Rights Watch, dans son rapport mondial 2025, décrit également une restriction continue de l’espace civique, visant notamment les voix critiques, la presse, les militants et les journalistes.
Il ne faut donc pas isoler l’université du régime général de la parole. Quand la presse est fragilisée, quand les associations sont surveillées, quand les partis sont neutralisés, quand les syndicats sont entravés, quand les écrivains et les journalistes deviennent suspects, l’université ne peut pas rester miraculeusement libre. Elle respire le même air politique que la société. Et lorsque cet air est saturé de peur, d’autocensure et de prudence, la recherche elle-même apprend à baisser la voix.
La faiblesse de l’université algérienne dans la vie littéraire est particulièrement révélatrice. Une grande université devrait produire des critiques, des revues, des controverses, des écoles de lecture, des éditeurs intellectuels, des passerelles entre savoir savant et création littéraire. Or l’espace littéraire algérien demeure trop souvent séparé de l’université, comme si la création vivante et l’institution académique appartenaient à deux mondes étrangers. Les cas récents de censure, d’exclusion ou de répression touchant des écrivains et journalistes montrent que la vie intellectuelle indépendante reste vulnérable lorsque l’État se réserve le droit de décider ce qui peut être dit, publié, enseigné ou discuté.
On avance souvent le chiffre vertigineux de près de 160 000 doctorants en Algérie. Même si ce chiffre doit être documenté avec précision par des sources officielles, il dit quelque chose d’essentiel comme ordre de grandeur symbolique : le pays possède une énergie intellectuelle immense. Mais que signifie une telle masse de chercheurs en formation si, dans le même temps, beaucoup rêvent silencieusement de partir un jour ? Que signifie produire autant de thèses dans un pays où la liberté de problématiser, de critiquer, d’ouvrir les dossiers sensibles et de penser contre les dogmes reste limitée par la peur, l’autocensure et la surveillance ?
Le doctorant algérien est devenu le symptôme vivant d’un pays qui forme des intelligences tout en les empêchant de respirer. Il écrit souvent dans la contrainte. Il pense dans la prudence. Il apprend à contourner les sujets brûlants, à éviter les formulations dangereuses, à ne pas franchir la ligne invisible qui sépare la recherche acceptable de la pensée suspecte. Il devient spécialiste de son objet, mais aussi spécialiste du silence.
Ce seul fait devrait suffire à mesurer l’ampleur du désastre. Un pays qui forme des chercheurs sans leur offrir les conditions de la recherche, qui produit des diplômes sans libérer la pensée, qui multiplie les doctorats tout en bâillonnant l’intelligence critique, ne prépare pas son avenir. Il organise sa propre fuite. Il fabrique les forces intellectuelles qui, demain, iront enrichir d’autres universités, d’autres laboratoires, d’autres sociétés, parce que leur propre pays les aura traitées comme une menace.
Or un pays qui bâillonne la liberté de penser ne peut pas faire pleinement partie de l’Histoire. Il peut exister administrativement. Il peut siéger dans les organisations internationales. Il peut proclamer sa souveraineté, célébrer ses martyrs, réciter ses victoires passées, produire des communiqués, organiser des cérémonies, parler au nom du peuple. Mais il reste enchaîné de l’intérieur. Et un pays enchaîné de l’intérieur finit toujours par rendre son enchaînement extérieur inévitable.
La dépendance ne commence pas aux frontières. Elle commence dans l’université domestiquée, dans la bibliothèque censurée, dans l’archive fermée, dans le laboratoire sans liberté, dans l’amphithéâtre où l’on apprend à se taire avant même d’apprendre à penser. Elle commence lorsque les chercheurs ne peuvent plus formuler les questions de leur propre société. Elle commence lorsque les concepts viennent d’ailleurs parce que les conditions nationales de production du savoir ont été étouffées.
Une nation qui empêche ses chercheurs de penser ses propres contradictions se condamne à importer les diagnostics des autres, les catégories des autres, les récits des autres, les solutions des autres — et, finalement, l’avenir des autres.
C’est ainsi que la domination extérieure trouve son meilleur allié : non dans l’ennemi déclaré, mais dans l’étouffement intérieur de l’intelligence nationale.
La caste militaro-bureaucratique peut parler de souveraineté autant qu’elle veut. Mais il n’y a pas de souveraineté véritable sans souveraineté intellectuelle. Il n’y a pas d’indépendance réelle lorsque les chercheurs ont peur de leurs propres questions. Il n’y a pas de puissance nationale lorsque l’université est réduite à produire des certificats plutôt que des consciences. Il n’y a pas de grandeur historique lorsque le savoir est traité comme une menace à l’ordre public.
L’université algérienne a été poussée vers une fonction administrative : délivrer des diplômes, gérer des flux d’étudiants, produire des statistiques, répondre à des slogans sur l’innovation, l’entrepreneuriat, la numérisation, les start-up. Tout cela peut avoir son utilité. Mais une université n’est pas une annexe du marché, ni une direction ministérielle, ni une caserne pédagogique. Elle n’a pas pour vocation de fabriquer seulement des employés, des cadres ou des techniciens. Elle doit fabriquer des sujets capables de comprendre le monde, de contredire le pouvoir, d’interroger les évidences, de nommer les blessures et de penser l’avenir.
Un ingénieur peut construire une route sans savoir à qui elle profite. Un économiste peut produire des chiffres sans interroger les rapports de domination qu’ils masquent. Un juriste peut réciter la loi sans demander qui l’écrit, qui l’applique et contre qui elle s’exerce. Un médecin peut soigner les corps sans penser les conditions sociales qui les rendent malades. Sans sciences humaines libres, la compétence devient servitude.
C’est pourquoi le mépris des sciences humaines n’est jamais innocent. Dans les régimes autoritaires, il ne s’agit pas seulement d’une préférence pour les disciplines dites utiles. Il s’agit d’une stratégie de pouvoir. Les sciences humaines sont dangereuses parce qu’elles dévoilent les mécanismes. Elles montrent comment se fabriquent l’obéissance, la peur, la mémoire officielle, le consentement, le silence, la dépendance. Elles montrent que ce que le pouvoir présente comme naturel est historique ; que ce qu’il présente comme nécessaire est construit ; que ce qu’il présente comme sacré sert souvent à protéger des intérêts très profanes.
Le pouvoir autoritaire ne craint pas seulement l’opposition politique. Il craint l’intelligence des causes. Il craint que les étudiants comprennent que la pauvreté n’est pas une fatalité, que l’exil n’est pas un choix purement individuel, que la corruption n’est pas une anomalie morale, que l’autoritarisme n’est pas une tradition nationale, que le blocage institutionnel n’est pas un accident, que la confiscation de la parole n’est pas le prix de la stabilité mais la condition de l’immobilisme.
Une société privée de sciences humaines libres devient une société condamnée à réciter des mythes. Elle ne sait plus distinguer la mémoire de la propagande, la souveraineté de la fermeture, l’unité nationale de l’étouffement des conflits légitimes, la stabilité de la peur, la loyauté du silence. Elle apprend à survivre sans se comprendre. Et une société qui ne se comprend pas devient disponible pour toutes les manipulations.
Ce qui n’est pas pensé revient sous forme de crise. Ce qui n’est pas historicisé revient sous forme de mythe. Ce qui n’est pas discuté revient sous forme de violence. Ce qui n’est pas nommé revient sous forme de traumatisme. Ce qui n’est pas enseigné revient sous forme d’exil.
L’Algérie n’a pas besoin d’une université décorative. Elle n’a pas besoin d’une université qui applaudit les discours officiels, qui accompagne les campagnes de communication, qui transforme les enseignants en fonctionnaires de programme et les étudiants en usagers disciplinés. Elle a besoin d’une université libre, conflictuelle, exigeante, indocile. Une université capable de produire de la vérité, non une vérité d’État, non une vérité de communiqué, mais cette vérité fragile, disputée, toujours révisable, qui naît de la recherche, des archives ouvertes, de la contradiction, du débat, de la liberté d’enseigner et du droit de contredire.
Une université n’est pas une caserne. Un amphithéâtre n’est pas un commissariat. Un chercheur n’est pas un suspect. Un étudiant n’est pas un dossier. Une idée n’est pas un trouble à l’ordre public.
Libérer l’université algérienne ne signifie pas seulement augmenter les budgets, rénover les campus ou moderniser les programmes. Cela signifie garantir l’autonomie réelle des établissements. Cela signifie protéger les enseignants et les chercheurs contre les pressions administratives et politiques. Cela signifie ouvrir les archives. Cela signifie mettre fin à la censure directe ou indirecte des livres. Cela signifie rendre possible l’enquête sur les sujets sensibles. Cela signifie reconnaître aux étudiants le droit de s’organiser librement. Cela signifie dépolitiser les nominations. Cela signifie cesser de confondre critique et trahison.
Surtout, cela signifie accepter que la pensée dérange. Une pensée qui ne dérange personne n’est souvent qu’une décoration savante. Une université qui ne produit aucun malaise dans l’ordre établi est une université déjà vaincue. Car penser, ce n’est pas seulement expliquer le monde tel qu’il est. C’est montrer qu’il aurait pu être autrement, et qu’il peut encore le devenir.
L’Algérie a besoin de cette puissance-là. Elle a besoin d’une université capable de relire la colonisation sans la transformer en rente mémorielle. De penser la guerre de libération sans sacraliser les usages politiques qui en ont été faits. D’étudier les années 1990 sans peur. D’analyser le Hirak sans falsification. De traiter la question amazighe sans folklorisation. De penser l’arabisation sans dogme. La francophonie sans complexe. L’islam politique sans hystérie. L’armée sans tabou. L’État sans mythologie. Le peuple sans paternalisme.
Ce travail n’est pas un luxe de pays riche. Il est une condition de survie nationale. Car un pays qui ne produit pas sa propre pensée devient un objet dans la pensée des autres. Il cesse d’être sujet de son histoire. Il devient terrain, marché, zone d’influence, espace stratégique, réservoir migratoire, fournisseur d’énergie, archive coloniale, nostalgie diplomatique. Il existe, mais il n’écrit plus sa propre signification.
Voilà le danger véritable. Ce n’est pas seulement que les doctorants partent. C’est que le pays finisse par partir de lui-même. Qu’il se vide de sa capacité à formuler son destin. Qu’il conserve ses frontières, son drapeau, son hymne, ses commémorations, mais perde la seule souveraineté qui donne sens à toutes les autres : la souveraineté de penser.
L’Algérie peut compter des dizaines d’établissements universitaires et rester pauvre en influence intellectuelle. Elle peut produire des milliers de thèses sans produire une grande conversation nationale. Elle peut former des chercheurs sans leur offrir la moindre prise sur le réel. Elle peut disposer d’un immense appareil universitaire et demeurer incapable de transformer cet appareil en puissance politique, sociale, économique et littéraire.
Le drame n’est donc pas que l’Algérie n’ait pas assez d’universités. Le drame est qu’elle en ait tant, et qu’elles comptent si peu dans la vie profonde du pays.
La caste militaro-bureaucratique a voulu faire de l’université un lieu de discipline. Il faut en refaire un lieu de vérité. Elle a voulu produire de l’obéissance. Il faut produire de l’intelligence. Elle a voulu enfermer la mémoire. Il faut rouvrir l’histoire. Elle a voulu administrer la jeunesse. Il faut lui rendre la parole.
Car un pays ne devient pas historique parce qu’il célèbre son passé. Il devient historique lorsqu’il ose penser son présent. Et l’Algérie ne retrouvera sa place dans l’Histoire que le jour où ses universités cesseront d’être des lieux de silence organisé pour redevenir des lieux de liberté, de conflit, de savoir et d’émancipation.
Khaled Boulaziz
