Gaza : plus de 100 000 morts en deux ans, l’étude qui fait voler en éclats le récit officiel

C’est officiel, et ça vient d’une source qu’on ne pourra pas accuser d’être « pro-Hamas » : l’Institut Max-Planck, temple allemand de la recherche démographique, a publié le 25 novembre 2025 une étude qui enterre définitivement la fable des « 40 000 morts » répétée en boucle par les grandes rédactions occidentales.

Verdict sans appel : au 6 octobre 2025, plus de 100 000 Palestiniens ont été tués à Gaza par l’armée israélienne. Cent mille. En vingt-quatre mois. Et ce n’est qu’un minimum, car les auteurs précisent qu’ils ne comptabilisent que les morts directes – bombardements, balles, exécutions – et pas les dizaines de milliers de victimes de la famine organisée, des maladies ou des corps toujours prisonniers des gravats.Pour arriver à ce chiffre, les chercheurs n’ont pas fait dans la spéculation : ils ont croisé les données du ministère de la Santé de Gaza, de B’Tselem (ONG israélienne), de l’OCHA (ONU), de l’UN-IGME et du Bureau palestinien des statistiques. Résultat : entre le 7 octobre 2023 et fin 2024, déjà 78 318 morts confirmés (fourchette 70 614 – 87 504). En extrapolant jusqu’à octobre 2025, on dépasse allègrement les 100 000. Et encore, soulignent-ils, « nos estimations sont probablement très en deçà de la réalité ».

Le plus terrifiant n’est même pas le nombre brut. C’est la structure. 70 % des victimes sont des femmes et des enfants. Le profil démographique des morts est identique à celui des génocides reconnus par l’ONU : Rwanda 1994, Srebrenica 1995. L’espérance de vie à Gaza a chuté de 47 % en deux ans. Un nouveau-né gazaoui né aujourd’hui a statistiquement moins de chances d’atteindre 40 ans qu’un enfant né au Soudan du Sud ou en Somalie. Voilà le bilan de la « guerre la plus morale de l’histoire », selon les mots de Benjamin Netanyahu.Pendant ce temps, les mêmes qui nous expliquaient il y a dix-huit mois que « les chiffres du Hamas sont invérifiables » se taisent aujourd’hui. Car l’étude n’est pas signée Al-Jazira ou Middle East Eye. Elle est signée Max-Planck. En Allemagne. Pays qui pèse chaque mot quand il s’agit d’Israël. Et pourtant, les chercheurs osent la comparaison avec les pires crimes du XXe siècle.

On nous dira : « Mais le 7 octobre ! » Oui, le 7 octobre fut un massacre. 1 200 Israéliens tués, des civils massacrés, des otages emmenés. Un crime de guerre incontestable. Mais ce qui se passe depuis n’est pas une riposte. C’est une entreprise d’extermination. Quand vous rasez 80 % des habitations, quand vous détruisez tous les hôpitaux, toutes les universités, quand vous coupez l’eau, l’électricité, la nourriture pendant des mois, quand vos ministres appellent publiquement à « réduire Gaza à des ruines » ou à ramener la population à « 100 000 habitants », on ne parle plus de légitime défense. On parle de génocide.Et tout cela se déroule en direct. Les soldats israéliens filment eux-mêmes leurs crimes et les postent sur TikTok. Les drones diffusent en temps réel l’exécution d’un adolescent qui brandit un drapeau blanc. Les journalistes palestiniens, plus de 180 tués à ce jour, documentent chaque atrocité avant d’être à leur tour ciblés. Jamais dans l’histoire un crime contre l’humanité n’a été aussi bien filmé, aussi bien archivé, aussi largement diffusé. Et jamais l’humanité n’a été aussi indifférente.

Car pendant que Gaza brûle, l’Occident continue de livrer les bombes. Les États-Unis ont débloqué plus de 20 milliards de dollars d’armes depuis octobre 2023. L’Allemagne a multiplié par dix ses exportations d’armement vers Israël. La France, malgré les belles déclarations, maintient ses contrats. Et les médias dominants répètent inlassablement le même script : « Israël vise le Hamas », « dommages collatéraux regrettables », « les deux côtés ». Comme si bombarder un camp de réfugiés avec une bombe de 2 000 livres était un « dommage collatéral ».

La Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt contre Netanyahu et Gallant. Israël les ignore. L’ONU vote résolution sur résolution. Les États-Unis veto. Les dirigeants européens parlent de « préoccupations » tout en signant de nouveaux accords commerciaux. L’impunité est totale, absolue, obscène.

Alors oui, c’est un génocide. Et il est temps de cesser de tourner autour du pot avec des « allégations plausibles » ou des « risques de génocide ». Quand un État puissant enferme deux millions de personnes, les affame, les bombarde sans relâche et tue 5 % de la population en deux ans, le mot est le bon. Génocide.

Gaza nous met face à notre propre déchéance morale. Soit nous continuons à regarder ailleurs et nous devenons complices. Soit nous exigeons l’arrêt immédiat des livraisons d’armes, la levée du blocus, des sanctions contre les responsables israéliens, et une enquête internationale indépendante.

Les 100 000 morts de Gaza ne nous laissent pas le choix.
Ils nous regardent.
Et l’Histoire nous jugera.

Khaled Boulaziz