La question juive dans la pensée de Malek Bennabi (II)

17 janvier 2024

La méthode de Bennabi et la centralité du phénomène juif

Les Juifs sont, selon Malek Bennabi, l’esprit vivant et l’âme agissante de la civilisation européenne moderne. Avant d’aborder ce constat, il prend soin d’exposer sa méthode : toute réflexion rigoureuse exige de dépasser les apparences immédiates, de s’extraire des évidences superficielles pour interroger la structure profonde des événements. Ce renversement méthodologique l’amène à analyser ce qu’il nomme « la question juive », à partir de la grille des transformations civilisationnelles. Que dissimule le monde moderne derrière ses valeurs, ses symboles, ses constructions identitaires ? La modernité occidentale est-elle réellement l’aboutissement d’un pacte entre l’Europe et le christianisme ? Et si ce dualisme n’était, au fond, qu’un mythe historiographique persistant chez l’historien, mais largement dépassé par le philosophe et le sociologue ? Dès lors, il faut distinguer celui qui recense des causes visibles et celui qui déchiffre les temporalités intérieures des faits : comment un événement advient-il ? Quelle volonté cachée le propulse ? Quel en est le moteur silencieux ?

Dans un passage majeur, Bennabi propose une thèse audacieuse : l’Europe, berceau reconnu du monde moderne, a basculé dans une configuration inédite avec l’arrivée des Juifs, désormais porteurs d’un projet civilisationnel distinct de l’héritage chrétien. Cette présence juive constitue, selon lui, le véritable pivot de la métamorphose européenne. L’identité contemporaine du continent ne se comprend plus uniquement à travers le prisme de l’Antiquité gréco-romaine ou du christianisme médiéval, mais dans la lumière d’une dynamique juive réorganisant les structures mentales, économiques et symboliques. Il convoque des figures précises : Henri Bergson, Sigmund Freud, Albert Einstein et Karl Marx. Tous témoignent d’un impact intellectuel décisif. Mais cette présence dépasse la France : elle s’étend à la Grande-Bretagne, à l’Amérique du Nord, où, selon Bennabi, les Juifs ont investi les centres du savoir, les institutions financières, les lieux de décision réelle. Les cadres politiques ne sont plus, dans cette perspective, que la façade apparente d’un pouvoir plus diffus, plus organique.

L’analyse se poursuit avec une lecture géopolitique : Bennabi note que les Juifs, en migrant vers l’Europe de l’Est puis vers l’Amérique, ont su reconnaître des terrains propices à l’expansion de leur influence. L’Allemagne cède ainsi sa centralité au profit des États-Unis, qui deviennent le nouveau centre de gravité du pouvoir juif. Les institutions religieuses et communautaires y sont réinvesties et mises au service d’une entreprise plus vaste : modeler le paysage intellectuel, diriger les flux économiques, et orienter les dynamiques culturelles.

L’Europe comme choix stratégique, entre mémoire et structure culturelle

Après avoir identifié les pôles d’influence occupés par les Juifs dans les sociétés modernes, Malek Bennabi interroge la logique de ce choix géographique et civilisationnel. Pourquoi l’Europe, et non l’Orient, alors que les racines culturelles du judaïsme plongent plus profondément dans les terres orientales ? Il propose une réponse articulée autour de trois axes : religieux, psychologique et culturel.

Le premier niveau d’analyse concerne la mémoire historique. Bennabi observe que dans l’imaginaire juif, les civilisations assyrienne et pharaonique sont associées à des formes extrêmes de marginalité, d’oppression et d’humiliation. Le Juif, dans ce contexte, se souvient de son statut ancestral de serviteur ou d’esclave. Cette représentation ancrée agit comme un refoulé civilisationnel, qui empêche tout retour à un espace perçu comme fondamentalement hostile. De là découle, selon Bennabi, une volonté de rupture avec l’Orient. Revenir dans un lieu symboliquement marqué par l’asservissement reviendrait à revivre l’ombre des pères. Or, toute conscience historique cherche à fuir la répétition du trauma.

Sur le second plan, celui de l’environnement culturel, Bennabi insiste sur la faible capacité du judaïsme ancien à dépasser le cadre pastoral primitif. Il rappelle que, selon plusieurs historiens, les Juifs ont longtemps été confinés à un mode de vie proche de la sauvagerie, marginalisé par rapport aux sociétés agricoles ou urbaines. Jusqu’à une phase très tardive de leur histoire, ils demeuraient à la périphérie du développement civilisationnel. Cela expliquerait leur fragilité identitaire face à des contextes trop chargés symboliquement, comme ceux de l’Orient ancien.

Mais c’est sur le plan psychologique que l’analyse de Bennabi gagne en singularité. Il établit une opposition structurante entre l’Orient et l’Occident. L’Orient, fort de ses traditions et de sa mémoire longue, perçoit l’autre à travers des modèles culturels stables, profonds, rigides. Dans ce contexte, le Juif est toujours vu comme un être signifiant, repérable, porteur d’une mémoire. Il n’y a pas de place pour le camouflage. En revanche, l’Occident moderne, sans socle symbolique solide, est une « pâte molle », une matière malléable, dans laquelle l’altérité peut se fondre, se remodeler, se dissimuler. C’est cette malléabilité psychologique que le Juif, selon Bennabi, recherche : elle lui permet d’agir tout en restant insaisissable.

Bennabi affirme ainsi que le Juif préfère dissimuler son identité religieuse lors de ses premiers contacts avec l’Europe, conscient de la méfiance instinctive qu’il peut susciter. Mais cette méfiance, diffuse, n’a pas la consistance structurante d’un rejet culturel profond. L’Europe moderne est donc un espace idéal pour l’insertion souterraine et la projection de puissance.

De la pluralité juive aux figures civilisationnelles : typologie et évolution

Bennabi précise qu’il serait erroné de considérer les Juifs comme un groupe homogène. La perception commune tend à les présenter comme une entité unifiée, dotée d’une identité culturelle stable et distincte. Or, une lecture attentive révèle une réalité bien plus complexe. Les Juifs se répartissent en plusieurs groupes distincts, souvent dissemblables dans leurs formes d’expression culturelle, leurs trajectoires historiques et leurs structures sociales. Le lien qui les unit réside avant tout dans une croyance partagée : celle de la terre promise et de la patrie perdue. Cette aspiration collective fonde leur cohésion symbolique, bien que leur composition interne reste fortement hétérogène.

C’est aussi la thèse développée par Abdul Wahab Al-Messiri, que Bennabi anticipe dans ses intuitions. Al-Messiri rejette l’idée d’une « personnalité juive » figée, qu’il considère comme un raccourci trompeur. Selon lui, cette notion émerge d’interactions multiples entre groupes humains, environnements spécifiques et circonstances historiques diverses. Ces interactions ne peuvent être ramenées à une formule générale. Il préfère parler d’« identités juives », au pluriel, chacune marquée par ses propres déterminants, ses tensions, ses contradictions. Le pluralisme ne nie pas les similitudes, mais il interdit d’en faire des absolus.

Dans ce sillage, Malek Bennabi esquisse une typologie des figures juives au sein de la civilisation occidentale. Il dresse un tableau en plusieurs phases, correspondant à des mutations successives dans le rapport des Juifs à l’espace culturel européen :

  • Le Juif cultivé, d’abord, figure active dès la Renaissance. Il contribue à la formation de l’Europe moderne, rompt l’isolement moral de sa communauté, participe aux dynamiques intellectuelles et insuffle les prémisses idéologiques du colonialisme.
  • Le citoyen juif, ensuite, s’insère dans le processus révolutionnaire français, prenant part à la rédaction de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Il s’efforce de dissiper l’image archaïque du Juif-esclave.
  • Le Juif moderne, dans une Europe post-industrielle, devient entrepreneur, patron, maître des leviers économiques. Sous couvert d’égalitarisme démocratique, il opère une ascension sociale rapide, cherchant à gravir les échelons jusqu’au sommet.
  • Le Juif orthodoxe, quant à lui, adopte des idéologies de rupture — comme le marxisme — pour contrecarrer un capitalisme qu’il estime avoir été perverti par d’autres forces que celles qu’il avait anticipées.
  • Le Juif international, porteur du legs européen, réinvestit la sphère coloniale. Il joue un rôle dans l’édification des empires, dans la conquête des périphéries, dans la circulation des normes civilisationnelles.
  • Enfin, le Juif dévoilé émerge : sorti du ghetto, il abandonne toute dissimulation, revendique son identité israélienne, et se présente comme acteur à part entière de la modernité globale.

Ces figures décrivent un cycle évolutif, à la fois psychologique et historique. Bennabi y voit le passage d’un imaginaire du paria à une position centrale dans la structuration symbolique de l’Europe contemporaine.

Judaïsation culturelle et plasticité identitaire : de Philon à Derrida

La montée en puissance des figures juives au sein de l’Europe moderne ne peut être interprétée, selon Bennabi, comme une simple influence culturelle. Elle relève d’un phénomène plus vaste : une prise de contrôle méthodique des centres névralgiques de décision — économiques, scientifiques, intellectuels et politiques — afin d’orienter les grandes options civilisationnelles de l’Occident. Ce n’est pas l’européanisme qui s’est infiltré dans le judaïsme, mais plutôt une judaïsation de la modernité européenne, traduite par l’adoption de critères utilitaires, esthétiques et stratégiques propres à une certaine lecture juive du monde. L’Européen moderne cherche avant tout l’utile et le beau. Le Juif, observateur attentif, a compris ces aspirations et s’est appliqué à les satisfaire, tout en les façonnant.

Ce façonnement ne s’opère pas à la manière d’une simple diffusion. Il s’agit d’une transformation organique de l’espace mental et culturel européen. Pour Bennabi, cela implique une mutation des fondements mêmes de l’identité occidentale. L’Europe ne s’est pas contentée d’accueillir le judaïsme comme un élément externe ; elle s’est peu à peu restructurée de l’intérieur selon des logiques que le judaïsme a su lui imposer. Il en résulte une civilisation dont la matrice n’est plus chrétienne, mais juive dans ses repères fonctionnels.

Ce phénomène d’identification souple et contextuelle est l’un des traits distinctifs de la psyché juive. Bennabi souligne une plasticité identitaire unique : le Juif s’intègre à tous les contextes où il se trouve, en absorbant leurs codes, en parlant leurs langues, tout en maintenant son projet sous-jacent. Il donne pour exemple Philon d’Alexandrie, philosophe juif du Ier siècle avant J.-C., qui a su marier les traditions grecques et juives pour formuler une synthèse originale, à la fois rationnelle et théologique. Ce modèle de fusion est repris tout au long de l’histoire par d’autres figures.

Ainsi, Bennabi cite Jacques Derrida, penseur du XXe siècle né en Algérie, formé à la culture française, mais profondément marqué par une judéité souterraine. Pour lui, Derrida incarne la capacité du judaïsme à habiter toutes les cultures tout en y exerçant une influence interne, jamais ouverte, mais souvent décisive. Il ne s’agit pas ici de simple cosmopolitisme, mais d’un mode d’être dans le monde fondé sur l’appropriation symbolique du lieu d’accueil.

Cette faculté d’adaptation stratégique, cette capacité à investir les cadres culturels dominants tout en les réorientant, explique selon Bennabi la position singulière qu’occupe le judaïsme dans l’histoire des civilisations. Elle atteint une intensité rarement égalée. Aucun autre groupe ne manifeste, selon lui, une telle aptitude à se fondre dans des contextes multiples tout en y imprimant sa marque.

Hitler, le sionisme et l’alternative islamique selon Bennabi

Parmi les grandes réactions hostiles à cette expansion civilisationnelle attribuée au judaïsme, Bennabi analyse celle d’Adolf Hitler. Le chef du national-socialisme allemand, écrit-il, a perçu dans les Juifs les responsables du déclassement de l’Allemagne après la Première Guerre mondiale et les artisans du traité de Versailles. Sa réaction a été violente, radicale, totalisante : il s’agissait pour lui d’éliminer la présence juive de l’espace européen. Il refusa même l’argent que certains cercles juifs lui proposèrent pour financer son ascension. Cependant, selon Bennabi, Hitler échoua parce qu’il tenta de détruire les Juifs en usant de leurs propres armes : l’idéologie raciale, le mythe impérial, le messianisme politique. Or, ces idées, selon Bennabi, sont originellement d’inspiration juive. Le nazisme, en mimant le modèle de l’ennemi, n’a fait que révéler l’efficacité de ce modèle. Il s’est effondré faute d’originalité, englouti dans son propre mirage.

La profondeur du problème n’est donc ni ethnique, ni conjoncturelle : elle est civilisationnelle. Bennabi en est convaincu. La domination juive — dans sa dimension économique, culturelle et géopolitique — repose sur une articulation puissante entre capitalisme, colonialisme et judaïsme politique. Ce triptyque constitue, selon lui, le socle de l’ordre mondial actuel. Mais il entre désormais en crise. Face à cette construction, Bennabi propose une alternative : l’Islam, dans sa vocation originelle, peut devenir le seul projet capable de corriger les déviations de la modernité. Loin de tout fondamentalisme étroit, il voit dans l’Islam une puissance d’équilibre, une force morale, intellectuelle et spirituelle susceptible de régénérer l’humanité.

L’Islam, dans sa matrice profonde, contient selon lui les outils pour dépasser à la fois le capitalisme prédateur et le communisme matérialiste, tout en résistant à l’ethnocentrisme racial et à l’impérialisme culturel. Pour que ce rôle puisse s’exercer, encore faut-il que le monde musulman sorte de ses impasses : Bennabi appelle à la formation d’une élite lucide, enracinée dans la foi mais ouverte à la raison, rigoureuse dans l’éthique et connectée à la réalité du monde. Cette élite ne doit pas être une technocratie, mais une avant-garde civilisationnelle, capable de construire une synthèse durable entre les aspirations spirituelles et les besoins matériels.

Il distingue deux niveaux d’action : un plan interne, qui consiste à assainir les structures sociales musulmanes contaminées par l’héritage colonial, et un plan externe, orienté vers la confrontation pacifique avec l’ordre mondial dominant. Ce projet, affirme-t-il, vise à reprendre l’initiative, non pour dominer, mais pour réintroduire dans l’histoire une dynamique fondée sur la justice, la vérité et l’universel.

Palestine, institutions stratégiques et renaissance islamique selon Bennabi

Dans la dernière partie de son analyse, Malek Bennabi aborde le cas palestinien, qu’il inscrit dans une lecture plus vaste des rapports de force civilisationnels. L’État d’occupation, écrit-il, est né dans un contexte géopolitique mondialement favorable, soutenu par les grandes puissances, et plus particulièrement par les États-Unis, qui furent parmi les premiers à le reconnaître. Il ne s’agit pas d’un simple épisode historique, mais d’une manifestation concrète de l’ordre mondial fondé sur l’alliance entre capitalisme occidental et projet sioniste. Cette alliance place la Palestine au cœur d’un affrontement entre deux visions du monde.

Bennabi souligne que cette domination ne se limite pas aux sphères politiques ou militaires. Elle s’impose aussi dans l’imaginaire collectif. Les médias occidentaux, influencés par le lobby sioniste, participent activement à la déformation de l’image des musulmans et des Palestiniens. Ceux-ci sont souvent décrits comme violents, barbares, irrationnels — autant de stéréotypes qui visent à justifier leur exclusion ou leur élimination. Pourtant, observe Bennabi, cette construction commence à se fissurer. La résistance palestinienne, par sa dignité et son enracinement moral, remet en question ces récits. Le combat des peuples opprimés trouve de nouveaux échos, même dans les sociétés occidentales.

Il insiste sur l’importance de développer une stratégie politique islamique à l’échelle internationale. L’un des grands échecs des pays musulmans réside dans leur isolement et leur incapacité à tisser des alliances avec les peuples libres du monde. Cette faiblesse ne relève pas seulement d’un déficit diplomatique, mais d’une lacune intellectuelle : l’incapacité à penser la politique comme un art civilisationnel, ancré dans des idées structurantes. Bennabi appelle à surmonter cette inertie en fondant des institutions stratégiques portées par une vision claire, indépendante des logiques de puissance héritées de la colonisation.

Il rappelle, dans Le problème des idées dans le monde islamique, que les institutions sans socle idéologique sont vouées à l’échec. Ce n’est pas la structure matérielle qui fait la force d’une institution, mais sa capacité à incarner une idée mobilisatrice. Or, les sociétés musulmanes, selon lui, ont abandonné l’autorité des idées, cédant à une forme de soumission intellectuelle et mimétique. Cette trahison des idées est aussi une trahison de soi. Mais Bennabi garde l’espoir que ces idées, méprisées ou oubliées, finiront par se venger d’elles-mêmes, en provoquant un réveil.

Dans le contexte actuel de la guerre en Palestine, marquée notamment par le soulèvement de 2023 qualifié de déluge d’al-Aqsa, les réflexions de Malek Bennabi retrouvent une portée saisissante. Bien qu’il n’ait pas connu ces événements, sa pensée en éclaire certaines lignes de force. Le conflit ne se résume pas à une lutte territoriale, mais traduit, comme il le prévoyait, un affrontement entre deux visions du monde : l’une fondée sur la domination, la marchandisation, le mythe de l’élu ; l’autre, en quête de justice, d’universalité et de dignité humaine.

Ce que Bennabi avait anticipé — la pérennité d’un déséquilibre tant que les idées justes ne trouvent pas d’incarnation stratégique — se confirme aujourd’hui dans l’impuissance politique des sociétés musulmanes face à l’occupation. Il ne s’agit pas d’un simple déficit militaire, mais d’une carence structurelle : celle d’une pensée politique vivante, enracinée dans les idées, apte à fonder des institutions stratégiques autonomes. Bennabi appelait à une refondation intellectuelle, à une renaissance guidée par des idées-forces capables d’unifier, d’orienter, de faire contrepoids à l’hégémonie contemporaine.

Face aux récits imposés par les grandes puissances, souvent relayés par des médias complices, la résistance palestinienne révèle une autre vérité — celle d’un peuple dont les actes renvoient à une éthique de combat, une fidélité à des principes, y compris dans les moments les plus sombres. Ce renversement symbolique — où l’oppresseur est mis en accusation morale par l’opprimé — rejoint la vision de Bennabi sur la centralité de l’homme éthique dans le processus civilisationnel.

Aujourd’hui, la pensée de Bennabi ne cesse d’interpeller. Elle offre un cadre d’analyse pour comprendre les blocages internes du monde musulman, mais aussi les conditions d’un renouveau. L’enjeu ne réside plus seulement dans la dénonciation du colonialisme — ancien ou reconverti — mais dans la capacité à produire des idées qui structurent une alternative crédible, à la fois spirituelle et politique.

Que son œuvre, témoin d’une lucidité rare, continue de nourrir les générations qui refusent l’effacement et aspirent à la dignité. Et que son nom reste associé à cette longue marche des peuples vers leur libération intellectuelle et morale, au-delà des conjonctures, dans la fidélité aux principes, et dans l’espérance que justice et vérité finiront par triompher.

Khaled Boulaziz