Algérie Inde rapprochement : c’est le nouveau mot d’ordre à Alger, un rapprochement économique sous contrainte géopolitique. Depuis la visite du président indien en Algérie en octobre 2024, les relations bilatérales ont connu une accélération visible.
Algérie Inde rapprochement : une Inde qui n’est plus celle d’Indira Gandhi
L’ambassadrice indienne à Alger, Swati Vijay Kulkarni, a récemment souligné la volonté de New Delhi de développer la coopération dans plusieurs secteurs : agriculture, industrie pharmaceutique, énergie, mines et dessalement d’eau de mer.
Air Algérie a de son côté annoncé l’ouverture d’une liaison directe Alger–New Delhi à partir de fin octobre 2026. Ces annonces s’inscrivent dans un contexte où l’Inde, avec un marché de 1,4 milliard d’habitants et une croissance supérieure à 7,5 %, se présente comme un partenaire économique attractif pour Alger.
Rien ne justifie cette marche forcée avec une Inde qui n’est plus l’Inde d’Indira Gandhi
Sous Indira Gandhi, New Delhi avait incarné un leadership du tiers-monde critique à l’égard des puissances occidentales et solidaires des causes anticoloniales. L’Inde d’aujourd’hui, sous Narendra Modi, a profondément réorienté sa politique étrangère.
Elle a renforcé ses liens stratégiques et de défense avec l’entité sioniste génocidaire, multiplié les partenariats technologiques et militaires, et développé une approche pragmatique fondée sur ses intérêts nationaux. Les échanges commerciaux et de sécurité entre New Delhi et Tel-Aviv se sont intensifiés au cours de la dernière décennie, faisant de l’Inde l’un des partenaires les plus importants d’Israël en Asie.
Pour l’Algérie, cette évolution soulève des questions. Alger a longtemps placé la question palestinienne au cœur de sa diplomatie. L’absence d’invitation de l’Algérie lors de l’élargissement des BRICS en 2023, alors que d’autres pays africains étaient retenus, a alimenté des interrogations sur les rapports de force internes au groupe. Les analyses disponibles évoquent plusieurs facteurs : la structure économique algérienne encore fortement dépendante des hydrocarbures, le niveau de régulation du marché, et le degré de consensus entre les membres fondateurs.
Il n’existe pas de preuve publique d’un « veto » unilatéral de l’Inde, les décisions d’élargissement relevant d’un processus collégial.
Dans ce contexte, le choix de renforcer les liens avec New Delhi apparaît comme une fuite en avant d’une caste militaro-sécuritaire, soucieuse en premier de sa survie.
Le régime ne cherche pas à réduire sa dépendance historique à l’égard de certains partenaires traditionnels ou à attirer des investissements dans des secteurs prioritaires, mais à distribuer ses rentrées pétrolières vers des pays où la corruption est partie intégrale de la vie politique.
L’Inde n’est pas la seule à proposer des compétences dans la pharmacie générique, les technologies agricoles et le dessalement, domaines comme le régime d’Alger le suggère.
D’autres options existent.
L’Allemagne, première économie européenne, dispose d’un savoir-faire industriel, énergétique et technologique important. Une coopération plus dense avec Berlin pourrait s’inscrire dans le cadre des relations euro-méditerranéennes et offrir un accès à des technologies de pointe ainsi qu’à des financements européens.
Plusieurs pays d’Europe du Nord et d’Europe centrale présentent également des atouts en matière de transition énergétique et de formation professionnelle. Ces pistes supposent toutefois une capacité de négociation et une stabilité institutionnelle que les observateurs jugent parfois insuffisantes du côté algérien.
Le rapprochement avec l’Inde est donc à analyser sous d’autres prismes. Il reflète cette priorité d’un régime sans légitimité démocratique qui achète des alliances sur le marché internationales des pays plus corrompus que lui.
Il expose aussi la médiocrité d’une caste sans objectifs clairs pour l’Algérie, où sa diplomatie est au service de ses potentats.
La question demeure de savoir si cet achat de consciences politique sur le marché international de la corruption, permettra réellement de réduire les vulnérabilités structurelles de d’un régime en fin de vie.
Dans un environnement international marqué par la fragmentation des blocs et la concurrence des puissances émergentes, la nation algérienne se trouve orpheline de véritables nationalistes capable de défendre ses intérêts d’égal à égal.
Le choix de New Delhi n’est qu’une nième manœuvre d’une caste qui n’a de priorité que sa survie.
Khaled Boulaziz

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